Défi N° 257 - Chassé croisé
Publié le 6 Décembre 2021

Durgalola , en capitaine de la coquille de noix nous propose de regarder cette toile et de nous en inspirer pour écrire un texte.
Elle se nomme chassé-croisé. Vous pouvez vous inspirer de la totalité ou de la partie droite ou gauche du tableau.
Ce peut être en relation directe avec le tableau ou simplement ce que cela invoque pour vous.
Un souvenir, c'est ce qui me vient à l'esprit en voyant ce tableau.
Mon fils avait 4ans.
Nous étions sur le bateau comme assez souvent.
A bord, deux "Garçons" pour s'occuper des cabines, bureaux et douches du Commandant, du Chef Mécanicien et pour faire le service à table. La plupart du temps les Garçons étaient des Sénégalais. Je n'ai connu qu'un seul Français.
Mon fils connaissait tout le monde, allait et venait pratiquement à sa guise, aussi bien à la Passerelle que dans les cuisines, sauf à la machine où il ne pouvait aller qu'accompagné et donc pas souvent.
Il était aimé de tous ces messieurs car toujours poli et très curieux. Peut-être parfois un peu trop car toujours à poser des questions.
Pendant un déjeuner, sans aucune discussion préalable, il a demandé au Garçon qui était Sénégalais :
- Dis Cissé pourquoi on n'est pas pareils.
Cet homme qui n'avait pas une très grosse instruction mais avait une belle intelligence lui a posé la question.
- Ca veut dire quoi, pas pareils ?
- Ben, tu vois bien, on a pas la même peau.
- Tu veux dire que je suis noir et toi blanc ?
- Oui, c'est ça.
- Tu es sûr ?
- Ben oui quoi.
- Pourtant regarde. Je pose ma main comme ça et tu fais la même chose.
Cissé a posé sa main sur la table : dos de la main sur la table la paume vers le plafond, mon fils a mis sa main à toucher dans la même position.
- Il a fait la remarque qui a fait rire : bien sûr, dessus tu as plus de soleil dans ton pays, alors c'est forcé.
- Je suis né avec la peau noire et toi avec la peau blanche.
- Oui, mais j'ai bien vu que dans ta main, c'est pareil que dans la mienne. Et quand tu saignes ?
- Mon sang est rouge comme le tien.
Il suffit de si peu de chose pour faire comprendre à un enfant.
Encore faut-il le vouloir quand on est parent.